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Histoire et patrimoine de Chamouilley

 

 

 

Retrouvez ci-dessous toutes les informations et tous les dossiers relatifs au patrimoine et à l'histoire de la commune.

maurice ravel

 

 

Maurice Ravel à séjourné dans notre  village, en tant que soldat, affecté à une section de parc automobile.

Maurice  Ravel logea non pas au cantonnement militaire mais chez des particuliers, dans une chambre

qu'il avait louée, chez Madame Royer Noël et ses trois enfants. La correspondance du compositeur atteste

son passage dans notre village

 Voici ce qu'écrivait Ravel dans une lettre à sa marraine de guerre, Mme Fernand Dreyfus, le 21 mai 1916,

à propos de sa chambre de Chamouilley, où il emménagea le 19 mai 1916 :

"Je me suis levé très tard (6 h ½)[,] ai passé ma matinée à ma toilette et à disposer en ordre

tout mon « barda » dans ma chambre. Cette chambre, que j'ai découverte il y a 2 jours [vendredi 19],

n'a guère de confort, et pas du tout de fenêtre. Celle-ci est en réparation et reviendra peut-être demain.

Mais l'ouverture donne sur le paysage le plus joli : un ruisseau torrentueux encaissé ; en face le bois ;

à gauche cascades ; à droite, petit tunnel où va se perdre la petite rivière, couvert de feuillages et de roses blanches.

Le bruit de l'eau n'arrive pas à couvrir la conversation de ces messieurs et dames : rossignols, merles, fauvettes,

bergeronnettes, roitelets –pourtant, l'enfer continue, là-bas : d'ici, on ne peut plus rien entendre...

J'ai pris mon repas ici, en famille –des évacués-[,] fait des cocottes en papier et des canards de mie de pain

pour les gosses. Menu : déjeuner : navarin printanier. Dîner : petis pois, soupe tortue. Vous reconnaissez tout ça.

–(Les petits pois me font penser que j'y ai ajouté de la crème, et à vous indiquer la marque –pas pour moi ;

j'en ai fait provision, et il est facile de s'en procurer par ici ; mais pour Jean, cela peut être bien utile. –

C'est le Lait Superbe (Superb Milk)- Oh ! impropriété des mots ! –stérilisé, non sucré. Cela a le goût de la crème fraîche).

– Fermons la parenthèse : avec la fenêtre ouverte..."

Dans une autre lettre (inédite), du 28 juin 1916, à son ami le musicien Lucien Garban, Ravel écrit :

"matin, j'ai épouvanté ma propriétaire et ses enfants, en traversant les chambres et me précipitant

dehors à demi vêtu, armé d'un balai, pour aller repêcher une guêtre tombée dans la rivière pendant

que je la brossais, et qui se dirigeait crânement vers le front. Faut bien se distraire"

 

Maurice Ravel au piano en 1912, « l'année des ballets »

(création de Daphnis et Chloé, orchestrations de

Ma Mère l'Oye et des Valses nobles et sentimentales).